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Les Cinéastes de L’ARP prennent acte de la décision du Festival de Cannes d’adapter son règlement afin que
tout film qui souhaite concourir en compétition à Cannes s’engage préalablement à être distribué dans les
salles françaises, et ce dès 2018.

Nous réaffirmons notre soutien sans équivoque à l’indépendance éditoriale du Festival de Cannes, rendezvous
incontournable du cinéma d’auteur, ainsi qu’à son Président Pierre Lescure et à son Délégué Général
Thierry Frémaux. Sans oublier notre soutien aux auteurs des films sélectionnés, Bong Joon-Ho et Noah
Baumbach, otages de cette polémique.

Il va de soi que nous serons toujours de farouches défenseurs d’une véritable équité fiscale pour l’ensemble
des acteurs du numérique, y compris pour Netflix. Garante de l’exception culturelle, l’Europe doit
contraindre tout opérateur diffusant des œuvres au sein des Etats membres à remplir ses obligations de
financement et d’exposition de la création européenne : nous y veillerons.

Par ailleurs, et ainsi que nous avons eu l’occasion de l’exprimer à de nombreuses reprises, nous restons
attachés à la diffusion de nos œuvres en salle de cinéma. Il semble effectivement logique que les films
projetés sur grand écran au Festival de Cannes puissent être appréciés en salle par les spectateurs français,
même si les œuvres disparaissent de plus en plus vite des écrans. C’est là un véritable motif d’inquiétude
pour les cinéastes.

Enfin, nous regrettons vivement cette polémique : elle instrumentalise le Festival de Cannes et met surtout
en lumière notre incapacité collective à moderniser notre système vertueux de financement et de diffusion
des œuvres. Après des années d’échanges et de réunions, les négociations pour parvenir à une évolution de
la chronologie des médias sont aujourd’hui bloquées ; plus que jamais, notre régulation apparaît dépassée.

Nous appelons donc l’ensemble des professionnels à se défaire de tout corporatisme inutile afin d’envisager
l’intérêt général du secteur et la pérennité de son financement. Soyons enfin capables de nous projeter
collectivement vers l’avenir !

Après plusieurs années de concertation sans résultats, nous demanderons au prochain Gouvernement de
s’emparer rapidement de ce dossier politique : sa résolution ne peut plus être une utopie.

Le Conseil d’Administration de L’ARP
Paris, le 11 mai 2017